dimanche, 05 août 2007
Bulle d'Air
Sorti en mars 2007, Pocket Symphony est le nouvel album de Air, groupe emblématique de cette mystérieuse "french touch" tant recherchée à l'étranger. Jean-Baptiste Dunckel, le plus timide des deux, nous livre quelques impressions sur la tournée mondiale qui les amène dès lundi 30 juillet, à Perpignan. Il revient aussi sur les expériences qui ont fait de Air, un groupe mondialement écouté !
BT : Ca fait maintenant 10 ans que vous existez…Si je ne m’abuse !
JBD : Euh…37 ans exactement (rires). Mais le groupe, ça fait 10 ans. Ca va faire 10 ans en janvier.
BT : Avec le recul, quel regard portez-vous sur ces 10 ans ?
JBD : En fait, il y a tellement de choses à dire ! Moi je pense qu’on est arrivé au bon moment. (rires). Ca, c’est sûr. On a fait la musique que les gens, enfin une certaine catégorie de gens, voulait entendre, à un moment donné. Du coup, on a été propulsé par cette espèce d’énergie commune…qui était internationale. Après, on a continué. On n’a jamais arrêté. On a fait plein d’albums. On n’a pas énormément tourné, bien qu’on ait fait quand même trois tournées mondiales. On s’est concentré sur les enregistrements et, à chaque fois, essayer de faire des albums qui soient différents les uns des autres.
Finalement, on a écouté que nous. Nous n’avons pas trop écouté les conseils à droite, à gauche. Il y a plein de pièges qu’on a évité.
Je pense que plus les gens nous écoutent de loin, plus le public de Air est lointain géographiquement, et plus il nous comprend. Ca entoure le groupe d’un certain mystère. Ils n’en perçoivent que la musique. Et c’est pas plus mal.
Voilà, la vraie réussite de Air c’est la diffusion internationale. On est pas forcément un groupe qui vend plus qu’un autre. Mais à l’échelle planétaire c’est vraiment diffus partout…aussi bien aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, maintenant en Asie, en Europe de l’est.
A l’échelle de 10 ans de promotion, je vois les choses qui changent dans le monde. Le monde change.
BT : Pocket Symphony, ce titre est très raccord avec le monde actuel : les i-pods, les baladeurs MP3…Un monde où la musique devient un mode de consommation éphémère. Comment vous vous ancrez ou comment vous vous positionnez ?
JBD : On ne se positionne pas trop. C’est-à-dire que dans Pocket Symphony, il y a ce que l’on perçoit…Nous sommes une sorte de groupe un peu nomade. « Pocket », c’est quelque chose qui ne prend pas beaucoup de place.
Il y a aussi le côté musique bien foutue, très harmonieuse. « Pocket symphony » c’est quasiment une expression. Je crois que c’est Brian Wilson qui avait parlé de ça, au début. C’est devenu quasiment une expression dans le monde de la musique. On voulait un titre qui fasse un déclic dans la tête des gens.
Par rapport à ma position sur…Je pense que le monde est en train de devenir nomade. En fait, les hommes puissants (rires) deviennent de plus en plus nomades. On assiste au début d’un autre forme de société mondiale, avec des organismes mondiaux privés et non privés. Voilà, ça c’est une vision moderne du monde.
BT : Ca a l’air de vous blaser !
JBD : Non, non. C’est intéressant. On le vit en tournée, en promotion. On voyage énormément ce qui créé des chocs émotionnels. On rencontre pas mal de gens. Nos souvenirs, nos têtes se formatent à l’échelle du voyage. Et ça c’est génial et dément. C’est très enrichissant humainement, pour nos vies personnelles.
La musique de Air s’imprime de ce côté multiculturel. D’où le son japonisant du dernier album. C’est une certaine vision du Japon. On voulait faire quelque chose d’assez moderne, à travers le prisme de la musique moderne japonaise en utilisant des instruments traditionnels japonais. Et en incorporant ce son dans notre album. Mais ça revient à ça, c’est encore un héritage du voyage. Pour le prochain album, on va se taper un autre trip.
BT : Vous avez même appris à jouer des instruments japonais !Vous avez dit que cet intérêt pour le Japon venait de vos voyages, comment ça s’est passé ?
JBD : En y allant plusieurs fois. Tout à coup, ça a fusionné avec ce son, cet univers d’esprit. Le film de Sofia Coppola, Lost in translation y a contribué. On avait fait ce morceau Alone in Kyoto. On a joué avec un certain son japonais, une vision zen de la musique. Cette vision zen de la musique s’étire sur notre album.
BT : Vous avez multiplié les collaborations et les invités sur ce nouvel album. Comment ça s’est passé avec les uns et les autres ?
JBD : Sur l’album, il y a un morceau avec Jarvis Cocker [ndlr : ex-Pulp] et Neil Hannon [ndlr : The Divine Comedy]. On les a rencontrés en travaillant sur l’album de Charlotte Gainsbourg, ils étaient ses paroliers. Ces chansons de l’album avec eux finalisent notre collaboration.
BT : Serge Gainsbourg est une de vos idoles, ça fait quoi de travailler avec sa fille ?
JBD : Ca fait bizarre. On prend pas Charlotte comme la fille de Serge mais…l’artiste qu’elle est. Et aussi la musicienne. Parce qu’elle est vraiment musicienne. Elle sait jouer du piano, elle sait chanter…Elle a sa propre voix.
On a voulu révéler son personnage et le présenter d’une autre manière d’une façon moins glamour. On a voulu chercher dans le fondement de sa personnalité, dans ses nuits, ses insomnies, dans ses passions. On a fait un album tourmenté mais avec du feu dedans…comme Charlotte Gainsbourg
BT : Une légende dit que vous n’écoutez l’album Histoire de Mélodie Nelson qu’une fois par an…Vrai ou faux ?
JBD : (rires) C’est vrai. Adolescents, on vouait un culte absolu à cet album notamment notre ami Alex Gopher, qui jouait de la basse avec nous et qui fait aussi une carrière. C’est vrai qu’on ne l’écoutait pas beaucoup mais juste dans le noir, religieusement.
Finalement, est-ce qu’on a vraiment le temps d’écouter, de scruter la musique ? Ne rien faire et écouter, chez soi, les versions vinyles qui ont un son très chaud. Les gens n’ont pas le temps de faire. Ecouter un album prend du temps et de l’énergie. Donc, une fois par an, c’est déjà pas mal ! (rires).
BT : Vous multipliez les expériences (musique de films, concert…). Vous avez des préférences ou pas ?
JBD : On essaie de faire ce qu’il nous plaît et ce qui est le plus classe (rires). Certaines choses ne se refusent pas. La trajectoire dans la carrière est assez évidente. Il y a des gens sur notre chemin. On a le choix et…on y va, on y va. Charlotte Gainsbourg : on y est allé Cette tournée mondiale : on y va. Le projet avec Alessandro Barrico, l’écrivain italien, on a foncé dedans, la BO des films de Sofia, ça nous a plu…
Ces expériences nourrissantes et annexes, entre deux albums, servent à faire évoluer l’histoire de Air.
Je prends Air comme un groupe, comme un ensemble…Une carrière dont je suis juste un élément qui influe, énormément, là-dessus.
BT : Air est-il un groupe populaire ?
JBD : Non, ça reste un groupe qui ne passe pas à la radio ou rarement à la radio. Par contre on passe à la télé. On prend beaucoup notre musique pour les films, les synchronisations ou tout ça. Ca, c’est une chance. En fait on est pas un groupe de pop singers. On a eu quelques Hits, quand même. On en fait un de temps en temps (rires).
BT : C’est conscient ou pas ?
JBD : Non justement parce que si je savais le faire, je mettrais en studio et je ne ferais que ça. Et je serais richissime !
BT : Ca doit être pas mal déjà !
JBD : ouais, ouais, ça va ! Mais vraiment on a une chance de pouvoir faire ce qu’on choisit.
BT : Vous revenez à d'Istambul, ça s’est bien passé ?
JBD : Ouais, ça c’est très bien passé. Istambul est une ville extraordinaire, complètement en mutations. Ca bouge là-dedans, c’est une fourmilière. Le fait de voir des villes comme ça : c’est très traumatisant, ça bouleverse de l’intérieur. On a du mal à s’en remettre
BT : De bonne augure pour le public…
JBD : C’est vrai qu’un groupe déstabilisé vaut mieux qu’un groupe blasé.
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samedi, 02 juin 2007
Pour qu'Outreau ne soit pas qu'une simple erreur judiciaire
Outreau. Autrefois peu connue, cette ville du Pas-de-Calais incarne désormais l’erreur judiciaire. Avec pour figure de proue, le jeune et désormais célèbre juge Burgaud engagé dans un procès contre dix-sept adultes accusés d’abus sexuels envers des enfants.
La journaliste Florence Aubenas couvrait le procès en 2004 pour le quotidien Libération. Et à la différence de nombreux autres collègues, elle sentit rapidement l’erreur judiciaire se profiler à l’horizon. Aussi, à son retour à Paris, décida-t-elle d’écrire un livre sur le procès d’Outreau. La méprise aurait dû voir le jour plus tôt, mais son expérience personnelle de journaliste reporter en décida autrement. Comme elle l’explique dans sa préface, Florence Aubenas recommença son livre une fois rentrée de son épisode irakien. Et avec le recul que lui conféra sa tragique expérience, coucha sur papier le procès d’Outreau.
La journaliste ne s’attarde pas à développer ses ressentiments, se contentant d’une description sobre pour comprendre le mécanisme de l’erreur judiciaire. Les mots sont justes, les scènes réalistes. Tellement réalistes que la lecture rappelle un roman. Mais les faits n’ont malheureusement rien d’une fiction. D’où ce sentiment de gêne éprouvé, mêlé à une immanquable réflexion : « Comment n’ont-ils pu rien voir ? ».
Au fil des chapitres, Florence Aubenas explique la construction de la rumeur, les mensonges des enfants, les surenchères des accusateurs et les appels désespérés de ceux qui se disent innocents. Outreau naît de la parole d’enfants. Outreau naît de l’imagination de Myriam Delay, qui dénonça ses voisins, ses proches et des notables qu’elle fréquentait à peine. Outreau naît de la misère humaine, de ces familles qui vivent reclus dans leur quartier, avec pour seules sorties les courses au grand supermarché en début de mois. Outreau naît de la persévérance d’un juge, persuadé d’être face à un réseau international pédophile. Outreau naît de l’engouement des médias.
Ils étaient treize à revendiquer leur innocence. Personne ne les a entendus. Personne ne les a écoutés. Chacun semble avoir sa responsabilité dans le dossier. Pourtant, Florence Aubenas ne propose pas un pamphlet. Juste une description qui interpelle quant à la cécité des différents acteurs. Et si ce livre ne peut pas réparer l’attitude de chacun, du moins peut-il éviter une nouvelle erreur judiciaire similaire.
Florence AUBENAS, La Méprise. L’Affaire d’Outreau, Paris, Seuil, 2005, 255 p.
Hippolyte.
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mardi, 08 mai 2007
L'élection de Nicolas Sarkozy revue par la presse étrangère
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vendredi, 04 mai 2007
La dernière récré du petit Nicolas
Trois jours avant la date fatidique du 6 mai. Il est 19 heures et le candidat favori fait son entrée au parc des expositions de Pérols près de Montpellier. Pour son sprint final, Nicolas Sarkozy a sorti ses plus beaux atours: Michèle Alliot-Marie, François Fillon, Brice Hortefeux, Jean-Louis Borloo et…Éric Besson font office de soutiens. Même la 1ère dame de France a fait le déplacement.
Le candidat UMP, costume noir et chemise blanche, semble à l’aise pour cette dernière réunion publique où plus de 10 000 militants ont répondu présent. « Depuis qu’a commencé à se créer entre les Français et moi ce lien profond qui s’établit dans une campagne présidentielle entre le peuple et celui qui aspire à devenir l’homme de la nation, la France n’a cessé de n’être qu’une idée pour devenir presque une personne qui souffre et qui espère, qui a des sentiments, qui a des valeurs, qui a une identité.» Nicolas Sarkozy pense à la France, à son âme. Il revient sur des siècles d’histoires et se souvient: « pour la première fois de ma vie, je me suis senti proche des moines qui avaient défié l’océan et le sable pour adresser à Dieu l’une des plus belles prières que les hommes aient jamais adressé au Ciel »… Le Mont-Saint-Michel, Verdun, Colombey, les plages du débarquement : tout y passe pour que le petit homme montant sente « l’âme de la France ». Et quand ce dernier fait son tour de France "présidentiel", c’est « un pays qui ne voulait pas mourir » qu’il rencontre. Nicolas Sarkozy ose un poème et remarque : « ce n’est pas dans n’importe quel pays que l’on peut lire un poème dans un meeting avant le second tour de l’élection présidentielle ». Pas dans n’importe quel meeting non plus d’ailleurs.
Le finaliste veut en finir avec «le dénigrement de l’histoire de France»: « celui qui veut vivre en France doit admettre que l’histoire de France a commencé bien avant lui. » « Que ceux que Voltaire gêne quittent le territoire de la République. » Il faut donc comprendre une immigration choisie et des immigrés heureux.
Nicolas Sarkozy annonce la couleur des cinq années à venir si jamais il était élu. Il veut pouvoir parler de tout : « de la nation sans être traité de nationaliste », « de l’autorité sans être accusé d’autoritarisme ». Les fidèles applaudissent. Le discours plaît.
Revenant sur le "kärcher" et le mot "racaille", il assure qu'il ne regrette rien. Les militants hurlent : « Bravo, Bravo !!! ». Acclamation générale pour le candidat du changement.
Nicolas Sarkozy finit en beauté sans avoir une seule fois évoqué sa concurrente. Il lui reste « deux jours pour dire adieu à l’héritage de mai 68 (…), pour que tout devienne possible ». La Marseillaise clôture le meeting, rendue pratiquement inaudible par les « on va gagner ! » des militants confiants.
Julia TISSIER
23:55 Publié dans PRESIDENTIELLE 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mardi, 01 mai 2007
DSK fait salle comble à Quimper
La température monte au fur et à mesure que les gens investissent le lieu. Faute d’être lus, les tracts distribués servent d’éventail. A la veille du 1er mai, DSK a rempli la salle –bondée et surchauffée- du Chapeau rouge, à Quimper.
2O h tapantes, sous les applaudissements nourris, il se fraye un chemin jusqu’à la tribune. L’ouverture du bal se fait par le secrétaire fédéral du PS, Jean-Jacques Urvoas. Bras par-dessus la tête, tapant des mains, il se charge de l’animation. Il rappelle les scores de la candidate en Bretagne et à Quimper qui a voté à 33% pour elle. Introduisant DSK, il parle de « l’éléphant, cet animal que je trouve honorable. Il a même été indispensable au Général Hannibal, rappelez-vous. »
C’est au tour de celui que tout le monde attend. Le message est clair : rallier l’électorat du centre. « Ce deuxième tour repose aussi sur votre capacité d’aller convaincre ceux qui sont indécis ». Dans la position d’acteur incontournable de cette ouverture, il insiste sur les valeurs que partagent Mme Royal et Mr Bayrou. Avant d’ajouter, « je suis convaincu que cette élection se fera sur un système de valeurs. »
Occasion toute trouvée pour tacler Nicolas Sarkozy sur ses références à Jaurès. « Je vous propose une expérience. Je l’ai déjà faite mais vous pouvez vérifier. Il faut juste un plan de Neuilly, éventuellement un GPS. Y a-t-il une avenue, une école, une salle Jaurès ? Non, j’ai rien trouvé… Par contre, il y a du Maurras. » La salle s’esclaffe, ravie.
Il a peu été question de pacte présidentiel, ni vraiment d’économie pourtant son thème de prédilection. L’ancien prétendant à la candidature socialiste a beaucoup évoqué l’Europe. Drague subtile des électeurs centristes ? Pas uniquement. DSK ratisse plus large. Pour lui, « Ségolène Royal est la seule capable de rassembler ceux du OUI et ceux du NON. » Dimanche prochain, il espère un vote de valeurs et pas un vote individuel. « Nous sommes tous d’accord sur l’essentiel, nous ne voulons pas de Sarko au pouvoir. » Espérant que les postes de télévision dévoileront les cheveux de Ségolène pour changer de cette « république machiste qui a mis tant de temps à donner le vote aux femmes. »La réunion s’achève exactement 1h30 après son commencement. En nage, beaucoup se précipitent vers la sortie. DSK ne s’attarde pas non plus. Aussi vite arrivé, aussi vite reparti. L’exercice est rodé, c’était sa 36ème réunion de soutien.
Servane PHILIPPE
15:11 Publié dans PRESIDENTIELLE 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mercredi, 25 avril 2007
Zénith Royal à Montpellier
Ségolène Royal a choisi le Zénith Sud de Montpellier pour son premier grand meeting de l’entre-deux tours. Elle a eu raison : plus de 10 000 militants ont répondu présent. L’ambiance est enflammée quand Daniel Cohn-Bendit ouvre la cérémonie. L’énergie et l’enthousiasme sont au rendez-vous : le député européen appelle François Bayrou à rejoindre la gauche sans oublier de descendre Nicolas Sarkozy au passage. La salle est chauffée, la candidate peut faire son entrée.
Veste blanche sur robe rouge, Ségolène Royal apparaît et se fraie un chemin parmi des supporters en folie. Après l’ovation, le silence se fait petit à petit. Elle salue tout d’abord la forte participation des électeurs qu’elle qualifie d’"élan civique" sans oublier de remercier les Français pour "la magnifique confiance" qu’ils lui ont accordée au premier tour. Ségolène Royal souhaite avant tout rassembler autour du "pacte de redressement de la France". Après avoir remercié Bové, Buffet, Voynet, Besancenot et Laguiller, qui, pour la première fois, "a franchi le pas", on attend de la sprinteuse de l’Elysée qu’elle prononce le nom de François Bayrou : un appel du pied qui semble nécessaire depuis dimanche, 20h01, pour accéder à la fonction suprême. Mais seuls ceux qui traîneront dans la salle de presse pourront l’entendre. (Passons sur ce détail…Passons aussi sur les déclarations du candidat du futur "Parti Démocrate" qui rendent brusquement la campagne très savoureuse…)
La candidate n’épargne pas son adversaire de droite. "Les valeurs humaines doivent l’emporter sur les valeurs boursières". Elle évoque également les deux voies qui s’ouvrent au peuple français : "Il y a la voie de la brutalité, de l’expérimentation sauvage et la voie de la réconciliation que je veux incarner". Et face au triomphe qu’elle remporte chez les militants, Ségolène Royal reste humble en leur rappelant "c’est vous qui m’avez faite". Elle exhorte enfin les Français "à s’aimer les uns les autres" et clôt son discours d’un dynamique "Chers amis, en avant, vive la République, vive la France !". La candidate semble avoir repris du poil de la bête…
Julia TISSIER
23:05 Publié dans PRESIDENTIELLE 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 23 avril 2007
Politique Plus
Retrouvez la page 8 de l'édition Politique PLus en formt PDF.
14:55 Publié dans PRESIDENTIELLE 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Toulouse, la ville rouge Arlette
Arlette Laguiller, José Bové, Ségolène Royal, Olivier Besancenot : en cette dernière ligne droite de campagne présidentielle, les indécis toulousains de gauche sont choyés. Trois jours, quatre meetings dans les murs de la Ville rose. Impressions.
Mercredi 18 avril, 20h30. Salle Jean-Mermoz. Une imposante bâtisse blanche, qui rappelle, hasard de la situation, les monuments de l’URSS du temps de sa « splendeur ». A l’intérieur, la salle est presque vide. Des militants, autocollant à l’effigie d’Arlette Laguiller sur la poitrine, invitent chacun à prendre place le plus près de l’estrade. De nombreuses caméras de télévision sont présentes ; il s’agit de faire impression.
20h40, un applaudissement se fait entendre. Les têtes se tournent. Les gens se lèvent. Applaudissent à leur tour. Sourire aux lèvres, Arlette, comme l’appellent les camarades, fait son apparition. Par la porte principale, au milieu des militants. Une nuée de journalistes l’accompagne jusqu’à la scène.
La candidate à la Présidentielle laisse d’abord le micro à la porte-parole régionale de Lutte Ouvrière. Airbus, fleuron industriel de la région toulousaine, est au centre du discours. Parachutes dorés, licenciements massifs, soutiens gouvernementaux (« de droite comme de gauche »), rien n’est oublié. Viennent ensuite les questions des logements sociaux, de la préservation des services publics et des salaires. « Et un, et deux, et trois cents euros », scande l’assistance pour reprendre la proposition de Lutte Ouvrière d’augmenter de trois cents euros les salaires.
Au tour d’Arlette. Les chaises vides ne sont plus qu’un mauvais souvenir. Environ cinq cents personnes acclament aux premiers mots. Les fameux premiers mots : « Travailleuses, travailleurs… ». Avant de reprendre point après point les thèmes déjà abordés à la tribune, Arlette dénonce le « chantage » du PS. Ce PS qui, « incapable d’attirer l’enthousiasme populaire par ses propositions », appelle au vote utile. Le ton est donné. Les socialistes ne seront pas épargnés. La candidate de Lutte Ouvrière épingle autant la Droite au pouvoir que le gouvernement Jospin sur la « dégradation de tous les services publiques et sur la « généralisation du travail précaire ». Elle brocarde ensuite le programme de Ségolène Royal : le smic à 1500 euros « brut, dès que possible, pas tout de suite », l’« emploi tremplin, véritable saut dans l’inconnu », ou encore le débat sur le drapeau français : « Nous sommes du côté des fusillés. Notre drapeau n’est pas le tricolore, c’est le rouge. Celui des ouvriers ; celui de la Révolution », conclut-elle sous un tonnerre d’applaudissements.
13:30 Publié dans PRESIDENTIELLE 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
José Bové fait la fête
Alors que l’Internationale vient de résonner à la réunion d’Arlette Laguiller à deux cent mètres de là, c’est toujours la fête au meeting de José Bové. Le « porte-parole des sans-voix » a invité ce soir plusieurs intervenants au parc des expositions. Un Don quichotte toulousain explique son combat, succédé par un membre de la communauté des gens du voyage que José Bové a rencontré dans l’après-midi. Mouss et Hakim, du groupe Zebda, chantent sur scène. Le décor est planté : plus qu’une réunion politique, José Bové a organisé une grande manifestation populaire.
Il n’en oublie cependant pas son message. Après avoir introduit les débats, le célèbre moustachu prend soin de conclure la soirée. L’homme « sorti de sa campagne pour en mener une autre », parle de son projet politique (services publics, constitution européenne). Puis, fait de la politique, accusant Olivier Besancenot d’être responsable de l’échec du mouvement anti-libéral, et refusant l’idée de gouverner avec la Gauche. Et de présenter enfin les futurs candidats du mouvement aux prochaines législatives.
13:25 Publié dans PRESIDENTIELLE 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Royal en Zapatera toulousaine
Jeudi 19 avril, 19h. Voici deux heures que les portes du parc des expositions sont ouvertes. La foule a déjà investi la place.
Entrée dans une première salle où deux écrans diffusent le discours de François Hollande. Pas d’estrade à l’horizon, le meeting se déroule dans un autre hall. Accès impossible : la sécurité bloque le passage. Des sympathisants râlent. Un mouvement de solidarité se crée ; le barrage est forcé. Entrée dans une deuxième salle.
Le lieu rappelle un aérogare. Le brouhaha de la foule remplace le moteur des avions. Rapide inspection des lieux : pas de François Hollande, si ce n’est à travers les images de nouveaux écrans. Il y a donc une troisième salle. Espoirs perdus, la foule est trop dense.
Au micro, le premier secrétaire du Parti socialiste cite le nom de José Luis Zapatero. Les haut-parleurs crachent une musique techno, les caméras filment. Le Premier ministre espagnol arrive ; elle est à ses côtés. Sa traversée de la salle est facilitée par un cordon formé par des militants. De part et d’autre, on se bouscule pour la voir. Les flashs crépitent. Certains se dressent debout sur leur chaise, histoire de l’apercevoir. Juste quelques secondes. Elle, Ségolène Royal, première femme à pouvoir espérer accéder à la présidence.
Derrière son pupitre, José Luis Zapatéro est ovationné. Ses propos se confondent avec la traduction, mais il est facile de comprendre qu’il multiplie les louanges à l’égard de sa camarade socialiste. Assise au premier rang, Ségolène Royal sourit. Et attend son tour.
« Bonjour Toulouse. Merci à José Luis d’avoir apporté la flamme et le soleil d’Espagne ». Veste blanche, jupe noire, la candidate socialiste entame son discours en rendant ses fleurs au Premier ministre espagnol : « L’Espagne est pour moi une source d’inspiration, d’admiration même. C’est le socialisme du XXIe siècle. Tu es l’homme qui a tenu ses promesses, à l’exemple du bourbier irakien dont tu as fait sortir ton pays.» Changement de registre ensuite avec la multiplication des phrases chocs sur son adversaire politique. « Nous n’irons pas nous mettre à genoux devant George Bush », annonce-t-elle, comme pour répondre aux amitiés outre-atlantiques de Nicolas Sarkozy. Et de continuer sur les attaques : « Son projet, c’est de prendre le pouvoir. Le mien, c’est de vous le rendre pour écrire avec vous l’Histoire de la France. » Le rendez-vous est donné.
13:24 Publié dans PRESIDENTIELLE 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Besancenot, maître de cérémonie à Toulouse
Voix enrouée, yeux cernés, Olivier Besancenot gesticule derrière son public. La salle Jean Mermoz est comble. Il fait chaud. Le visage du leader de la LCR se confond avec le rouge vif du décor de la salle. Ce vendredi soir, chaque évocation du nom de Nicolas Sarkozy engendre une vague de huées. « J’étais sûr de mon coup », rigole le candidat à la Présidentielle. L’homme maîtrise son discours, réussissant à capter l’attention de son public. Sa tonalité varie, imposant même parfois de longs silences. Et soudain, la voix haute, il s’attaque aux idées capitalistes, à la politique sécuritaire de la Droite ou aux récupérations électorales des derniers événements. Dans un discours tellement étudié qu’il apparaît faussement désordonné et spontané. Mais Olivier Besancenot énumère chacune de ses priorités, à savoir par exemple « reprendre aux capitalistes ce qu’ils ont pris aux pauvres » (exemple d’Airbus), « rendre inéligible les élus qui ne respectent pas la loi » ou encore « instaurer la gratuité des transports collectifs pour les jeunes, les chômeurs, les retraités et les autres précaires. » Des initiatives développées auparavant plus en détails lors d’interventions de plusieurs acteurs de la société civile (Don Quichotte, militant anti-OGM, syndicaliste Airbus…). Après les thèmes sérieux, conclusion ironique de l'orateur. "J'imagine une femme présidente de la République", développe-t-il, avant de dévoiler en fin de litanie le nom de Laurence Parisot. Si Olivier Besancenot ne réussit dans sa carrière anticapitaliste, il pourra au moins se reconvertir en humoriste.
Hippolyte.
13:22 Publié dans PRESIDENTIELLE 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 21 avril 2007
Vote aux enchères
Combien vaut un vote à la veille de l’élection présidentielle ? Désabusés ou provocateurs, ils sont plusieurs à avoir eu l’idée de vendre leur scrutin via le web. En France, un adhérent du PS déçu a tenté de vendre sa voix pour les primaires socialistes sur un célèbre site de vente aux enchères.
Sur ce même site, jeudi dernier, un électeur propose, « pour quelques euros », son bulletin de vote pour l’élection présidentielle. Il assure aux intéressés de voter pour le candidat souhaité. L’annonce indique que la vérification du vote peut se faire à l’aide du téléphone portable qui filmera ce qu’il se passe dans l’isoloir. Interrogé, il explique sa démarche : « je mets mon vote en vente car je pense qu’il n’a pratiquement aucune valeur démocratique vu la forte influence psychologique des gros partis. Voter blanc, c’est insignifiant ; par contre le vendre, c’est plus significatif ». L’annonce semble depuis avoir été retirée du site. N’oublions pas que le code électoral punit d’une peine de deux ans d’emprisonnement et d’une amende de
15 000 euros quiconque propose ou reçoit de l’argent pour un vote que la loi exige « sincère » et « secret ».
L’idée est née outre-Atlantique : en 2000, à quelques jours de l’élection présidentielle américaine, un site internet soulevait une polémique. Vote-auction.com proposait aux électeurs de vendre leurs voix aux enchères. Désirant céder leurs bulletins de vote au plus offrant, ils s’engageaient à voter pour les candidats que le gagnant de l’enchère leur désignait. Le site ferme finalement à quelques jours de l’ouverture des bureaux de vote. Canular ou réalité ? le mystère demeure mais le site affirme avoir recueilli 984 500 dollars de promesses d’enchères.
Ce concept subversif à but contestataire n’épargne pas la démocratie, soldée ainsi à la vue de tous comme une vulgaire marchandise.
Julia TISSIER
21:35 Publié dans PRESIDENTIELLE 2007 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
jeudi, 12 avril 2007
Les TV citoyennes du Net
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mercredi, 28 mars 2007
Un élan nommé Désirs
Désirs d’Avenir. Derrière cette romantique expression se cachent des centaines de personnes à la motivation et à l’enthousiasme débordants envers la cause socialiste, tendance « ségoléniste ».
Depuis l’année dernière, les comités Désirs d’Avenir (DA) se sont multipliés en France. Créé en mars 2006 par un jeune étudiant en droit, celui de Montpellier rassemblerait près de 200 adhérents si l’on en croit Mylène. Cette sexagénaire milite depuis près de trente ans pour le Parti socialiste. Elle s’est éprise de l’initiative de Ségolène Royal car c’est une « structure unique, un club de débats où encartés et non-encartés se retrouvent ».
Nommés par le 1er Secrétaire fédéral, Robert Navarro, les responsables des comités revendiquent pourtant leur indépendance vis-à-vis du PS. Autre incongruité : Georges Frêche, malgré son exclusion, demeure Président du comité de soutien de Ségolène Royal. Désirs d’Avenir n’a que faire de ces querelles d’appareil.
Ces « associations de campagne » investissent les cafés montpelliérains. Des réunions se tiennent tous les quinze jours et rassemblent entre trente et cinquante personnes. « C’est tout autre chose qu’il se passe dans les comités désirs d’avenir », s’enthousiasme Jacques, retraité de l’Éducation nationale, qui a renoué avec le PS à l’arrivée de la candidate. Les thèmes abordés sont divers et définis à l’avance par les responsables nationaux DA. L’économie sociale, la vie chère, le logement font partie des têtes d’affiche.
Ces débats participatifs réunissent étudiants, travailleurs et retraités tous mués par l’envie de voir Ségolène Royal accéder à la fonction présidentielle. Geoffroy, étudiant, constate qu’« elle décentralise la parole » par le biais de ces réunions locales.
« Elle a changé la donne politique et a fait entrer le PS dans le XXIème siècle », lance Clément, convaincu par la prétendante à l’Élysée depuis les primaires. « Beaucoup d’idées issues des débats participatifs sont remontées vers le haut et sont aujourd’hui dans le pacte présidentiel », reprend-il, persuadé que le pouvoir va revenir au peuple.
L’avenir de ces comités reste incertain. Nicolas, un des responsables de la section PS Montpellier Centre, pense que, « s’ils continuent à exister, ils exerceront toujours ce rôle d'antichambre du PS, laboratoire d'idées, lieu de discussions entre personnes de sensibilités semblables ».
Julia TISSIER
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mardi, 27 mars 2007
« La présidentielle de 2007 aura des effets sur la reconfiguration de la vie politique locale »
Interview : William GENIEYS
Chargé de recherche CNRS au Centre d’Etude Politique de l’Europe Latine (CEPEL) à l’Université de Montpellier 1, directeur du Master « Régimes politiques en Europe du Sud » et responsable de la revue internationale de science politique Pôle Sud.
· Comment Montpellier vote ?
►La sociologie électorale a fait apparaître, le CEPEL notamment, depuis 1981, que le Midi Rouge c'est-à-dire la région au sens large dont Montpellier inclus qui étaient des bastions historiques de la gauche, du Parti Socialiste et du Parti Communiste confondus décline. Ce déclin se fait territorialement. Un déclin plus fort de la gauche dans l’arrière pays. Il est lié à deux choses : la résistance de l’électorat du Parti Socialiste et l’émergence entre les années 80 et 2000 des courants écologiques. Le Parti Communiste a décliné également. Les villes comme Alès, Lodève, tous les bastions vraiment rouges où il y avait des ouvriers des mines se sont complètement effondrés. Cette disparition a été corrélée avec l’émergence du Front National. C’est la grande tendance sur la région durant ces 20 dernières années avec selon les échéances électorales des effets de remontée de la gauche. Le paradoxe c’est que malgré ce déclin des forces de gauche sur la région aux dernières élections régionales c’est Georges Frêche qui l’a emporté. Comment expliquer ce paradoxe ? D’abord il y a eu un mouvement national, 22 régions de France ont été gagnées par la gauche. C’était une élection sanction contre le gouvernement Raffarin. D’autre part Georges Frêche essayait depuis 86 de conquérir la région, il avait mis tous les éléments de son côté. Il était donc temps qu’il y arrive. Aussi, il y avait usure de l’alliance Jacques Blanc avec le Front National. Malgré cette évolution tendancielle de baisse des forces de gauche celles si ont résisté. Preuve en est l’ancien maire a été réélu 5 fois sans jamais être mis en danger sur Montpellier.
· Est-ce qu’on peut parler de Montpellier comme une spécificité au niveau électoral ?
►C’est une grande ville de mobilité, jeune, cosmopolite et universitaire. Mais ces étudiants sont très peu à voter à Montpellier. Les commerçants habitent souvent en périphérie et ne votent pas à montpellier. Quand on dit que Montpellier est une ville à gauche, c’est vrai car la mairesse et le président de Région sont à gauche mais sociologiquement est-elle vraiment à gauche ? Je pense que si spécificité il y a de Montpellier elle est là-dessus. Si on compare Montpellier avec d’autres villes c’est une ville qui a réussi sa modernisation qui a doublé de volume mais dont les problèmes sociaux sont les mêmes qu’ailleurs. L’élection nationale aura des effets sur la reconfiguration de la vie politique locale. Le grand problème c’est qu’il n’y pas eu de grosse étude politique sur le pouvoir politique à Montpellier. Georges Frêche a la main mise sur la politique à montpellier.
· Quelle est votre vision des problèmes à Montpellier ?
►Les problèmes concrets des gens sont les problèmes de logement, de loyer qui ne sont pas abordés dans cette élection. C’est ce qu’on peut appeler la politique des problèmes. Il y a des thèmes majeurs qui sont plus ou moins évacués des discours. Il y a deux raisons ce n’est pas excitant et ce n’est pas forcément compréhensible c’est technique. Le problème si on ne prévient pas l’électeur c’est de faire admettre par la suite les changements et la fonction des élections. C’est un jeu de dupe. A qui incombe la responsabilité ? Les politiques veulent capter un certain électorat. D’où une abstention qui progresse. Il y a un clivage qui est entrain de se dessiner et qui n’est pas formulé car pas politiquement correct : le clivage générationnel. Ce sont les plus de 55-60 ans qui ont le capital. C’est pour ça que Sarkozy veut supprimer les droits d’héritages. Le patrimoine, la propriété, il y a un clivage d’intérêt politique et d’intérêt matériel. Les 35-50 ans attendent de se consolider et la génération des 28-35 ans se pose des questions.
· François Bayrou est actuellement en bonne position dans les sondages. Pensez vous que l’UDF a la possibilité de faire un bon score à Montpellier ?
►On ne peut pas prédire les résultats mais on peut remarquer dans la ville de Montpellier et de sa région la disparition du centre droit, de l’UDF. La ville de Montpellier a été gouvernée par le centre droit par François Delmas jusqu’à l’arrivée de Georges Frêche. Si on fait confiance à ce que disent les sondages il serait intéressant de voir un vote éventuel Bayrou à Montpellier. Si jamais Bayrou fait un bon score ça modifiera la carte électorale et ça aura des effets sur la vie politique locale.
· La fiabilité des sondages est-elle forte ?
►Il peut y avoir des effets soufflés ou des effets bulle comme à la bourse. Les médias ont intérêt d’avoir de la nouveauté pour entretenir le suspense. Et donc ils commandent les sondages. La marge d’erreur des sondages est de 5%. Les sondages donnent des indications mais seulement l’électorat bouge. Les sondages contribuent à entretenir les croyances et à faire le jeu de tout le monde.
· Dans la configuration électorale ce qui intéresse les candidats se sont les médias télé et la presse écrite. N’y a t’il pas une perte de proximité avec le citoyen ? N’est-elle pas dangereuse ?
►La façon de faire de la politique a changé. Les candidats pensent qu’à travers les médias ils toucheront plus de gens. Ça se joue de plus en plus à la télé. La politique où on allait chercher « les voix au cul de la vache » comme a dit Chirac c’est un peu fini. Que pensez-vous de l’impact d’internet sur la campagne électorale ? Je ne crois pas à l’impact d’internet sur les élections. Passer par les médias pour être au contact du citoyen c’est un peu dangereux car les gens s’éloignent de plus en plus de la politique, ils trouvent ça compliqué et souvent se désintéressent. Une phrase qui revient souvent « ils sont tous pareils », alors que tous les candidats sont différents et proposent des choses différentes. Ce qui est dommage. On laisse partir en vrac la démocratie représentative. Et l’alternative c’est la démocratie directe. Je ne pense pas que cette deuxième solution soit une bonne chose, je pense qu’on a besoin de représentants et d’en changer quand on n’est pas content. Par contre faire l’économie des représentants c’est risqué.
· Un vote féminin en faveur de Ségolène Royal pensez vous que c’est possible ?
►Historiquement les femmes votaient à droite. Mais il est vrai que face aux discriminations professionnelles par le genre qui existent les femmes qui ont des professions intellectuelles pourraient penser qu’une femme à la tête du pouvoir serait un vrai plus. Je pense que c’est une bonne chose qu’il y ait une femme candidate en France. Mais de là à prévoir un vote féminin. Je ne sais pas. Peut être qu’aux Etats Unis ils auront une femme présidente avant nous.
Florence LABACHE
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Barbara Nolte professeur d’allemand à la Faculté de droit de Montpellier
Cela fait 17 ans que je suis en France dont 8 ans à Montpellier. Je suis comme tout le monde la politique. Je me tiens informée même si je ne vote pas pour les présidentielles. Par contre j’ai le droit de voter pour les municipales. Je pense que les résultats du premier tour des élections de 2002 sont dus à une exaspération des gens. C’était un vote de protestation. Mais j’avoue que je n’ai pas bien compris comment Le Pen s’est retrouvé au second tour. J’ai vu la peur qui a été ressentie après. Cette année je pense que Ségolène Royal et Nicolas Sarkosy ont de bonnes chances de se retrouver au second tour. Les mêmes stratégies politiques sont utilisées en Allemagne. Mais on se différencie par notre système fédéral. On vote pour un parti et non pour un candidat. Mais on sait à peu près qui est en tête de liste. C’est un peu plus abstrait. En Allemagne la presse parle beaucoup du duo Sarko- Ségo. Et dernièrement un peu plus de Bayrou. Mais les autres candidats on ne les connaît pas. Si peut être José Bové à cause de ses actions anti-ogm. Ce qui ressort quand même chez les allemands c’est une petite préférence pour Ségolène Royal. C’est paradoxal quand on sait qu’Angela Merkel est à droite. Mais les allemands aimeraient bien voir une femme à la tête du gouvernement français. Elle plaît beaucoup car elle incarne le charme français. Sarkosy incarne plus la poigne et fait un peu peur.
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FN
Quand le FN fait son marché
Élection présidentielle oblige. Au milieu des fromages, des fruits et des légumes, les tracts politiques apparaissent depuis quelques semaines sur le marché dominical de la Grande Motte. Le Front national ne déroge pas à cette règle.
« C’est un moyen d’occuper le terrain, d’échanger avec la population, de faire connaître notre programme », indique Julia Plane, future candidate frontiste aux élections législatives dans la 3e circonscription. Accompagnée de quatre militants, elle arpente, pendant près deux heures les allées du marché de la station balnéaire.
L’accueil de cette délégation oscille entre le chaud et le froid. « Beaucoup de personnes sont réceptives à notre discours », affirme la responsable héraultaise du Front national de la jeunesse (FNJ). « Et il y en a d’autres qui font preuve d’une certaine agressivité envers nous. Mais globalement tout se passe correctement et sympathiquement ».
De nombreuses personnes n’hésitent plus à aller à la rencontre des représentants du parti de Jean-Marie le Pen. Elles récupèrent un tract ou discutent longuement. « Le comportement de nos électeurs a changé », estime Julia Plane. « Depuis 2002, ils n’ont plus peur d’afficher leur position politique vis à vis des autres ». Pas si sûr. Les présumés électeurs frontistes refusent de répondre aux questions pour expliquer leur choix politique. Seuls les probables futurs ex-électeurs du parti de l’extrême droite osent dire un mot.
« J’ai voté pour le Front national aux régionales », reconnaît Yoann Satgé, boulanger à Lunel. « Mais pour la présidentielle, j’hésite encore entre Sarkozy et Le Pen. Mais si Sarkozy continue d’être inflexible sur la politique d’immigration, notamment, je voterai pour lui. Car il est plus jeune ».
À l’inverse, d’autres ne veulent pas entendre parler du Front national. « Le Pen ? Je m’en fous », confie Monique Bertomeu, bouquiniste. « Il prône la haine depuis beaucoup trop longtemps. J’espère que c’est la dernière fois qu’il se présente à la Présidentielle ».
Dans l’indifférence et souvent par politesse, la majorité des promeneurs et autres commerçants prend le tract proposé par la délégation frontiste.
Bilan des courses dominicales du FN : des voix acquises, des électeurs probablement perdus, des opposants farouches. Mais surtout de nombreux citoyens à convaincre.
Arnauld Bernard et Guillaume Chassaing
11:29 Publié dans PRESIDENTIELLE 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
MPF
La phrase :
« S'il y avait plus de jeunes Français ayant ses convictions, son honnêteté intellectuelle et sa probité, nous n'aurions aucun souci à nous faire pour l'avenir de la France. » L’adjoint au maire de Béziers, Jean-François Corbière, président de la fédération MPF 34, à propos de l’engagement de Verner Entem-Clémenceau.
Brève :
Le MPF compte actuellement 155 militants à jour de leur cotisation dans l'Hérault. Le mouvement de Philippe de Villiers recense également le soutien indirect d’ « environ 400 personnes ». Non encartées, ces dernières apportent une aide financière ou logistique aux actions menées par le MPF dans l’Hérault. Des maires de communes rurales, par exemple, mettent à la disposition des hommes du président Jean-François Corbière des locaux pour l’organisation de réunions ou autres manifestations diverses.
Adrien Viguié
11:26 Publié dans PRESIDENTIELLE 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
MPF
Sa langue a fourché. Verner Entem-Clémenceau se reprend. S’excuse presque. L’étudiant en 2è année de droit se défend de toute ambition. « La politique, ça me plaît », concède-t-il, « mais je ne suis pas du tout carriériste. J’ai juste envie d’appliquer mes idées. » Le verbe facile, gestes alliés à la parole, le coordinateur régional des jeunes MPF s’exprime pourtant comme un futur politicien. « Si je suis élu un jour, c’est pour agir, pas pour courir les cocktails comme la plupart des députés », avance-t-il.
Verner Entem-Clémenceau préfère pour l’instant le travail de terrain du simple militant. Rencontrer les gens. Débattre. Un engagement politique enrichissant qui possède visiblement son revers de médaille. « Je ne me risque pas à aller tracter tout seul », finit-il par avouer, conscient que certaines idées « mal perçues » du MPF mobilisent les détracteurs. Le villiériste réfute pourtant catégoriquement ces rapprochements avec les thèses du Front national de Jean-Marie Le Pen. « Nous ne sommes pas racistes. Je lutte moi-même contre l’extrême-droite », assène-t-il. Avant de se défendre de faire de la démagogie : « On ne va pas aggraver les choses, elles sont déjà assez critiques comme cela ».
« Philippe de Villiers exprime aujourd’hui les idées que je veux défendre » reprend Verner Entem-Clemenceau pour expliquer son soutien à l’homme qui représente à ses yeux « la vraie droite ». Lui ne s’est pas reconnu dans la personnalité du président de l’UMP Nicolas Sarkozy, « trop centre-droit, voire à gauche sur certaines propositions ». Il a donc choisi Philippe de Villiers. Convaincu que le succès de sa politique vendéenne peut s’expatrier sur le plan national. Persuadé que seules les propositions du MPF peuvent permettre de « retrouver la fierté d’être français », pour reprendre le nouveau slogan de campagne.
Adrien Viguié
11:23 Publié dans PRESIDENTIELLE 2007 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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La campagne vue par les étrangers
Un regard libanais sur les élections présidentielles
Regard de jais profond, cheveux tout aussi ébènes, Jad porte bien son nom. Cet étudiant libanais de 20 ans, poursuit un cursus de médecine à l’Université de Montpellier. Voilà plus de deux ans qu’il a débarqué dans la cité languedocienne, choisie au hasard. Certes il apprécie le climat qui ne le dépayse pas mais ne retrouvera jamais la convivialité des restaurants de son pays. « Je crois que c’est propre à la France car il y a aussi cette chaleur en Angleterre. » Il suit d’un oeil les débats à la télévision. Pour autant, répondre à des questions sur sa vision des présidentielles françaises l’enthousiasme.
Immigration quand tu nous tiens…
Spontanément, Jad évoque les questions d’immigration. Comme pour légitimer son propos, il précise d’emblée qu’il n’a jamais fait l’objet de racisme. « La plupart des politiciens n’aiment pas les étrangers : Le Pen, De Villiers, Sarko. Je crois que c’est de plus en plus dans l’esprit des gens, cette xénophobie. Quand je marche dans la rue, je me dis que sur 100 personnes croisées, il y en a 15 qui sont susceptibles de penser comme Le Pen ! » Ses oncles, eux aussi immigrés en France, l’ont persuadé que la situation n’a cessé de se dégrader. Il s’insurge d’entendre des discours propageant l’idée que les immigrés confisquent le travail des « nationaux ». Par exemple, en médecine, il y a un quota à ne pas dépasser pour les étudiants venant d’autres pays. « Les hommes politiques parlent insécurité pour se faire élire. On fait trop d’amalgames entre insécurité et immigration. Pourquoi on se focalise toujours sur les 5% d’étrangers qui font des conneries alors que les autres essayent de faire leur vie tranquillement ? ». Selon lui, la politique d’intégration a échoué. L’immigration choisie de Sarkozy ne le choque pas sur le principe. Mais, il doute de son efficacité et la rejette. « C’est normal qu’un pays veulent ce qu’il y a de meilleur pour lui c’est-à-dire les cerveaux étrangers. Mais il n’y a pas que les cerveaux et on sait que les immigrés sans diplôme servent aussi la France puisqu’ils acceptent les boulots que les français refusent. » Alors qu’il voudrait voter, il trouve normal que les étrangers n’aient pas le droit de vote. « Tous les étrangers ont envie de voter pour dire ce qu’ils pensent mais ça reste le Président de la France ! » Il estime que pour voter dans un pays il faut d’abord le connaître. « Bien sûr ceux qui sont là depuis longtemps, établis, devraient pouvoir voter mais c’est difficile de faire une loi adaptée à tous. »
L’état du débat
« La Présidentielle, c’est trop traité mais c’est normal ! C’est quand même les cinq prochaines années du pays qui sont en jeu. » Il déplore un débat parfois creux. Il ne comprend pas qu’on puisse disserter des heures sur le fait que Ségolène Royal soit une femme. « C’est un sujet déplacé car une femme comme un homme peut détruire le pays. Ce qui compte c’est justement ce que fera le candidat ou la candidate pour ne pas détruire le pays ! » Il esquisse un sourire car au Liban la politique est avant tout une affaire d’hommes et de quelques familles. Au sein des cercles dirigeants, le pouvoir se passe de père en fils, de frère en frère, d’oncle en cousin. Sa pudeur presque gênée montre qu’il ne souhaite pas s’attarder sur la question. Il reprend sur les banlieues. « J’ai l’impression qu’on ne traite pas les causes des problèmes. On prend des mesures mais sans regarder vraiment ce qui ne marche pas. C’est pas en envoyant la police dans les banlieues qu’on résout la crise ! »
L’après-Chirac au Liban
Il sent que les habitants de son pays appréhendent l’après-Chirac. Certes, avant les hommes il y a les politiques. Les bonnes relations libanaises remontent à des temps anciens et transcendent les Présidents. Pourtant, Jacques Chirac, par ses liens étroits avec les familles influentes libanaises, a inculqué sa propre patte. Il a personnalisé cette relation comme en témoigne ses virulentes prises de position lors de l’assassinat de Rafic Hariri, ancien Premier Ministre. « On sait que Sarko est proche de la droite israélienne et ça fait peur dans mon pays. » Le résultat du 2 mai aura un double intérêt pour Jad qui attend beaucoup du rôle de la France dans la reconstruction de son pays où il souhaite revenir. Un jour…
Servane Philippe
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La campagne vue par les étrangers
Ilias Hamdaoui, 23 ans, originaire de Goulmima au Maroc, étudiant à Montpellier en Master I Informatique.
A.M. : Que pensez vous des élections présidentielles ?
I.H. : Pour pouvoir voter en France, il faut vraiment suivre le candidat. Il y a des candidats, on ne les a connu que très récemment. On ne connaît pas ce qu’ils ont fait avant, on ne sait pas s’ils ont eu des postes dans des ministères ou au gouvernement. C’est juste quelque temps avant les élections que les gens commencent à s’y intéresser. On ne connaît pas vraiment la personne : ce qu’il vaut, qu’est ce qu’il a fait, on ne le sait pas.
Pour moi la politique c’est quelque chose de continue. Il faut arrêter de faire des débats à la dernière minute. Il faut avoir un programme et des idées pour gouverner, mais il faut que se soit fait de façon continue. Là, d’un seul coup, on entend parler de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal, mais la politique, ça doit être tout le temps, se doit être quelque chose de quotidien, qu’on surveille et qu’on regarde. Comme ça, on peut vraiment donner un avis, on connaît vraiment le candidat.
A.M : Si vous aviez la possibilité de voter, sur qui porterez votre choix ?
I.H : Franchement, moi je voterai plutôt pour Nicolas Sarkozy. Je sais, cela peut surprendre. Mais quand il fait un meeting, il dit ce qu’il pense. Je n’ai jamais vu quelqu’un qui ai réussi à contrer son argumentation. Quand il est là, on sent qu’il a une personnalité, qu’il défend ses idées. Il n’y a pas de langue de bois. Alors que Ségolène Royal, elle ne propose pas de projet. Peut-être que je ne l’ai pas vu non plus. Mais quand je regarde les émissions, je ne l’ai jamais entendu proposer quelque chose de pertinent. Ce n’est pas comme Nicolas Sarkozy : que ses propositions soient négatives ou positives, qu’on soit d’accord ou non, il affirme ses idées. Tous les autres politiciens font attention à ne pas parler des sujets tabous, pas lui.
A.M : Que pensez vous de son programme sur le thème de l’immigration ?
I.H : Je suis d’accord avec lui. On ne peut pas régulariser les papiers de tout le monde. Ce n’est pas tenable, ce n’est pas la solution. La solution c’est obliger les pays d’origine à faire en sorte qu’ils aident les gens à trouver du travail dans leur propre pays. Il faut essayer que les gens restent chez eux et les aider à ce qu’ils trouvent du travail. Pour moi, il n’y pas de frontières. Il ne faut pas rejeter tout en bloc, mais la France ne peut pas supporter l’arrivée de tout le monde. Si l’Etat d’origine n’a pas fait son boulot, ce n’est pas à la France de le faire. Déjà il est difficile d’assurer un emploi pour tous les Français, alors qu’est ce qu’on peut faire pour les étrangers qui viennent d’ailleurs ?
A.M : Le thème de la sécurité devient récurent. Quel est votre regard sur la question ?
I.H : Ce que l’on dit sur la sécurité : c’est faux ! Je ne connais aucun Maghrébin qui vient d’arriver en France et qui a envie de faire des actes de délinquances. Je n’en connais pas. La plupart des gens que je connais, qui viennent d’un autre pays, ils ne souhaitent qu’une chose : trouver un travail. Je ne connais aucun étranger qui arrive de son pays et qui veut voler ou agresser quelqu’un. C’est impossible ! Là-dessus, je ne suis pas d’accord avec Nicolas Sarkozy. La sécurité et l’immigration n’ont rien à voir. Tout ça ce sont des clichés ! Qu’est-ce qu’on appelle immigré d’abord ? Des Français issus de l’immigration ou les étrangers qui viennent d’arriver ? Il y a un amalgame.
A.M : Comment se passe la vie politique au Maroc ?
I.H : Il n’y a pas de comparaison possible car il y a un roi au Maroc. Ce n’est pas une démocratie. Moi, je suis arrivée en France il y a 6 ans en 2001. Quand j’étais au Maroc, je ne m’intéressais pas à la vie politique. Il n’y a qu’une minorité qui connaît ce qu’il se passe au niveau politique. Au niveau d’un citoyen lambda, ça n’existe pas : il n’y a pas de débats comme ici ni de remise en question Je suis toujours surpris de voir en France des jeunes que l’on interroge sur des problèmes de société comme le CPE par exemple. Ici, si un homme politique fait quelque chose, on se demande pourquoi il a agit comme ça par exemple.
Si on compare avec le Maroc, pour moi le système politique Français est vraiment parfait. Il y a toujours des failles cela dit, mais bon… Des gens qui n’ont pas de quoi manger ou qui ne savent ni lire ni écrire, comment peut-on les intéresser à la politique ? Pour moi, il faut y aller petit à petit, étape par étape.
Il y a deux défaillance dans le système politique Marocain : le manque de transparence mais aussi, la fait que le citoyen ne puisse pas s’intéresser à la politique. Maintenant ce que je reproche aux politiques, c’est qu’on essaie de prendre un modèle de système et qu’on essaie de l’appliquer au Maroc alors que ce n’est pas la même chose : le pays est différent, l’histoire est différente, les traditions aussi. Ce n’est pas applicable, ce n’est pas possible.
Franchement, ça peut paraître étrange mais je connais beaucoup mieux le système politique Français que la situation politique du Maroc.
A.M : Est-ce que vous vous sentez impliqué dans la vie politique Française ?
I.H : Oui, cela m’intéresse, cela me permet d’apprendre. Quand Nicolas Sarkozy fait un discours par exemple, je regarde comment il parle, qu’est ce qu’il dit pour convaincre et pour dire les choses. C’est en France que j’ai compris comment marche la politique, pas au Maroc. Je ne m’engage pas vraiment, car je ne suis pas Français, mais j’observe beaucoup.
Propos recuellis par Aurore Monard
11:01 Publié dans PRESIDENTIELLE 2007 | Lien permanent

