Le musée des horreurs

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Le musée des horreurs

Le musée d’anatomie intrigue. Que se cache-t-il derrière ses portes closes depuis des années ? Reportage au cœur d’un endroit menaçant.

« Le musée d’anatomie, ç’est toute ma vie ! », déclare Marcel Lacombe avec enthousiasme. Notre guide est entré à la faculté de médecine comme embaumeur. Il s’est ensuite passionné pour la dissection. Aujourd’hui, huissier de M. le Doyen, il est incollable sur l’histoire du musée, depuis sa création le 14 frimaire an III (4 décembre 1794). La Convention nationale avait décrété la création de trois Ecoles de Santé à Paris, Montpellier et Strasbourg pour former les médecins de la Ière République. Chaque école devait posséder un Conservatoire comprenant un cabinet d’anatomie. Les collections du musée se constituent petit à petit : dons, pièces disséquées par les professeurs, et apports des élèves eux-mêmes. Les étudiants candidats aux examens définitifs devaient présenter une pièce anatomique naturelle ou artificielle. En 1851, le musée s’installe dans la magnifique salle qui l’abrite aujourd’hui.


Tératologie ou science des monstres

M. Lacombe a d’autres rendez-vous et doit nous laisser seules faire le tour des collections. La porte se referme derrière lui. Froid glacial, silence de mort…Les bocaux de tératologie (science des malformations congénitales) sont tout proches... Bébés à deux têtes (minimum), fœtus de siamois ou de triplés collés, corps difformes… Nos yeux ont du mal à se détacher de cette vitrine monstrueuse.
Le musée est très poussiéreux. Il faut parfois s’approcher tout près pour distinguer clairement les pièces… Et vite s’en écarter avec un frisson de terreur. Chaque partie du corps est représentée, de la tête aux pieds : des étagères entières de crânes, d’ossements et de squelettes.
8000 pièces au total.
Seuls nos petits rires nerveux viennent troubler la quiétude de tous ces corps offerts à la science. Ici, des représentations en cire de maladies de la peau ; là, des infections vénériennes… Et puis, pour finir la visite, derrière une vitre particulièrement sombre : des momies !! Couvertes d’un drap, on n’aperçoit que leurs têtes, leur dentition surtout, elles semblent se moquer… Il est grand temps de sortir et de regagner le monde rassurant des vivants, soulagées.


Le musée, qui doit être rénové, ne rouvrira pas ses portes avant 3-4 ans. Mais cette année il accueillait le public lors des journées du patrimoine.