mercredi, 20 décembre 2006

20 décembre: La liberté toute en couleurs

Célébrons la « fet kaf » ! Mais qu’est ce donc ? Aujourd’hui 20 décembre 2006, l’île de la Réunion fête, 158 ans après le décret de Sarda Garriga, l’abolition de l’esclavage. En ce jour férié, les réunionnais se sont tous donnés rendez vous pour célébrer une liberté retrouvée après tant d’années de souffrance. Dans les rues de l’île, le ton est à la fête. « Se souvenir de ce qu’a vécu nos ancêtres, c’est important ! Aujourd’hui on savoure le goût de cette liberté ». De nombreuses manifestations se sont déroulées dans la journée et continueront jusqu’à très tard dans la nuit. Des concerts, des défilés, des feux d’artifices…ah qu’elle a bon goût cette liberté ! Pendant que les moins jeunes racontent l’esclavage aux plus jeunes, d’autres se laissent emporter par la musique. Le son dur et entraînant des djembés accompagné des douces voix des chanteuses locales amènent un vent de fraîcheur à cette chaude journée. Les danses traditionnelles, interdites pendant la période de l’esclavage, sont de rigueur aujourd’hui. Le « maloya »  par exemple est vivement apprécié des réunionnais. De nombreux spectacles se déroulent en ce moment même dans les rues de Saint Denis. Les associations réunionnaises de métropole participent également à la fête. Des conférences et soirées sont prévues partout dans l'hexagone notamment à Paris, à Lyon, à Metz et à Marseille. Une exposition sur l’abolition de l’esclavage se tient jusqu’au 22 décembre à la Cité internationale universitaire de Paris.  La souffrance des uns, rappelée par la joie de ceux qui ont la chance de ne pas la connaître !

 

Florence LABACHE

samedi, 16 décembre 2006

Un tramway nommé délire...

medium_DSC02286.JPGCet après-midi, les montpelliérains se sont jetés sur les trams à fleurs, exceptionnellement gratuits en ce jour d'inauguration.

 

Départ Gare Saint Roch,14h48. Montpellier respire. La ligne 2 du tramway a été inaugurée ce matin. Le tout premier convoi est déjà en route vers Jacou. Voilà le deuxième qui arrive. Des dizaines de personnes attendent patiemment sur le quai et s’enthousiasment à la vue des fleurs multicolores qui ornent la carcasse du mastodonte. Les portes s’ouvrent et on s’engouffre comme on peut à l’intérieur. Direction Notre Dame Les Sablassou. A l’intérieur, un vert anis apaisant et des fleurs rouges sur les sièges. L’ambiance est plutôt gaie. Place Carnot, Voltaire, Rives du Lez, les arrêts défilent et personne ne semble vouloir descendre. Monter, n’en parlons pas : plus de place, le tram est bondé. Les utilisateurs ne sont pourtant pas tous là simplement pour tester le nouveau transport en commun : Françoise, 54 ans, palavasienne, descendra à l’arrêt La Galine pour rendre visite à une amie. Elle raconte que « Le tram est gai, les fleurs, c’est joli mais on s’en lassera rapidement. ». Son mari , Jacques, originaire de la région, est beaucoup plus philosophe quant à l’esthétique du tram : « Pour le premier tramway, ce sont les hirondelles qui représentent l’air, le deuxième les fleurs qui rappellent la terre et pour la troisième ligne, s’ils sont pas trop cons, ce sera l’eau ». Il voit déjà des flamands roses accessoiriser le prochain tramway. 

 

Arrêt Saint Lazare, 15h17. Léo, 61 ans, attend avec ses deux petits-enfants l’animal à fleurs. « Aujourd’hui, on va jusqu’à Saint Jean de Védas pour montrer aux gosses et demain on ira jusqu’à Jacou ». Il considère que « la ville grossissant, cet investissement était nécessaire » et que ce nouveau transport en commun l’aidera à « laisser tomber la voiture ». Seul reproche : « peut-être un peu trop luxueux ». 15h34. Le tram arrive. C’est reparti pour la cohue. Les passagers ont perdu leur calme et une femme venue avec sa poussette essuie quelques remontrances. Le ton monte mais un montpelliérain calme le jeu avec un « A la guerre comme à la guerre ! ».

 

Arrivée au Corum, 15H45. Finalement contente d’être sortie vivante de cette escapade « tramwaysque », je finis le trajet jusqu’au centre ville à pied en me disant que j’attendrai quelques jours avant de retenter l’aventure. 

 

Titou (je tiens à remercier Suzette pour le titre)

samedi, 09 décembre 2006

"J'emmagasine de la confiance"

« Voir autant de monde, on se sent soutenu et cela fait chaud au cœur ». Françoise Wauguier, déléguée héraultaise de l’Association Française contre les Myopathies (AFM), savoure la 20e édition du Téléthon. « J’emmagasine de la confiance. Ce parfum de générosité, de solidarité, qui flotte dans l’air, est essentiel pour garder espoir », explique-t-elle. « Car on galère encore le reste de l’année ».

Atteinte de la myopathie de la ceinture depuis l’âge de 20 ans, Françoise Wauguier, 51 ans, avait pourtant le sourire aux lèvres en arpentant, cet après-midi, les rues montpelliéraines. « J’oublie les soucis du quotidien pour apprécier ce moment », confie-t-elle.

De sa maladie, elle en parle sans tabou : « En 30 ans, j’ai perdu progressivement l’usage des muscles de mes jambes. Lorsqu’on m’a diagnostiqué, tout allait encore bien. Mais au fil des années, j’ai dû utiliser une canne, puis un fauteuil roulant et maintenant je roule en scooter ». La diminution de ses facultés motrices l’a obligée à diminuer au fil des ans ses activités professionnelles. Elle est passée d’un temps plein à France Télécom, à un temps partiel et enfin à l’invalidité. « Mais cela ne veut pas dire que je ne fais plus rien de mes journées », indique la déléguée héraultaise de l’AFM, depuis 2000. « Cette activité me pompe beaucoup d’énergie, mais m’apporte tellement».

« Je me mets au service d’autres malades en les écoutant, en luttant contre leur isolement et en revendiquant à leurs côtés leurs droits », poursuit-elle. « Mais ils me le rendent bien. D’ailleurs ce n’est pas demain la veille que je vais quitter mon poste, car il m’aide à tenir moralement ».

Les coups de blues, Françoise Wauguier en a connu « surtout quand je vivais à Lille ». Mais depuis qu’elle a rejoint en 1985 Béziers puis Montpellier, le moral est au beau fixe. « Je revis, notamment grâce au climat », estime-t-elle. « Ici, je peux me déplacer en tram ou en bus sans aucune difficulté. Mais surtout le regard des gens sur les personnes handicapées n’est pas le même qu’ailleurs. J’ai l’impression qu’on est accepté par le reste de la population ».

Cette qualité de vie lui permet de continuer d’espérer la guérison. « La recherche avance », rappelle-t-elle. « Ce n’est qu’une question de temps pour que les traitements soient adaptés. Et le jour où on réussira à guérir la myopathie de Duchenne, ce sera extraordinaire car la générosité de tous sera récompensée ». Alors 36 37.

Guiless

Défi des écoles

 

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Le défi des écoles est à la portée de tous. Pour participer il suffit de dessiner une petite carte sur une feuille blanche. Les dessins emplissent le stand, le but étant d'atteindre le chiffre symbolique des 25 000. A vos crayons.

Dolly

En passant

medium_DSC03425.JPGDominique (52 ans) et Viviane (63 ans). Passants

"Chaque année on fait un don. Certaines années on a participé au Téléthon en organisant des animations ou en aidant des myopathes. Mais même si on participe physiquement on le fait financièrement."

 

 

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Patrick (59ans). Bénévole

"J'ai décidé de participer au téléthon cette année parce que j'ai l'habitude de m'occuper d'organisations sportives et je me suis dit que je pouvais aussi le faire pour le Téléthon. Il m'a suffit d'en faire la demande."

 

medium_DSC03427.JPGStéphanie (20 ans). Scout. Etudiante en Arts Plastiques.

"Les scouts c'est une association bénévole. Le Pont symbolise le fil rouge du Téléthon. Les gens donnent de l'argent pour les bouts de tissu qu'ils accrochent. La construction du pont s'est faite en 3 semaines, on a tout fait pour permettre le passage des fauteuils."

 

 

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Dolly

Le sport encore et toujours dans la générosité

Du tir à la carabine…

 

Cachée à l’intérieur d’une tente à l’écart de l’Esplanade Charles de Gaulle, la Société de tirs de Montpellier participe depuis vendredi soir 20h à la mobilisation du Téléthon. Vingt tireurs du club se sont déjà succédés sur le stand pour un total de 7822 points. D’où ce léger enthousiasme perceptible chez Franck, sociétaire montpelliérain : « Notre objectif est d’atteindre les 8000 points. Nous allons le réaliser. Il n’y a pas de souci ». Son coéquipier appuie sur la détente : 8 points supplémentaires.

Profitant de l’élan dévoué au Téléthon, la Société de tirs de Montpellier allie générosité et opération de séduction. Une aubaine pour un sport d’ordinaire si confiné. Moniteurs de contrôle pointés sur les cibles, explications des organisateurs, le public qui se risque sous la tente ne manque d’aucun élément pour apprécier la performance. Et peut même s’initier au tir.

Pour la modique somme d’1 euro, les organisateurs vous dotent d’une carabine de compétition et de cinq plombs. Ajoutez l’indispensable concentration et vous voici parfait tireur. Enfin, parfait, à condition d’être précis dans son exercice. Impression des résultats. Trois marques hors cadres : non, finalement, le tir n’est pas un sport aussi simple qu’il n’y paraît.

 

…au show BMX

 

La recette est simple : de la terre pour les rampes de lancement, un BMX, un zeste de folie et beaucoup de talents. Le spectacle proposé au Corum par les riders montpelliérain vient de conquérir son public. Le show impressionne, d’autant que les pilotes s’amusent à accentuer les difficultés suivant la frénésie des applaudissements. « One-hand », « suicide », « back-flip », « superman », les riders regorgent d’imagination pour satisfaire l’assistance. Et l’amateur ne s’y trompe pas, saluant l’audace des sauts. Sur son BMX, l’acrobate se prête au jeu, et ose des figures extrêmes. Au risque de chuter. Heureusement, les réceptions sont rarement douloureuses. Nouveaux coups de pédales pour une seconde tentative. Tentative fructueuse : applaudissements. Le public est tellement subjugué qu’il en oublie d’alimenter la cagnotte au profit du Téléthon. Et le speaker d’appeler sans cesse à la générosité de chacun. 3637.

 

Hippolyte

L'art et la manière de passer à la télé

medium_Plaque.2.JPG« Tu me vois ? Et là…C’est pas vrai je passe à la télé. Trop cool !!! » : la phrase du jour sur la place de la Comédie.

Le direct montpelliérain de France Télévisions démarre par une exhibition des Yamakasi, escaladant la façade de l’Opéra. Une foule débarque des rues de la Loge, de Maguelone, des Etuves, du boulevard Victor Hugo et  de l’Esplanade Charles De Gaulle. Objectif : écouter les témoignages des malades, les chansons de Lâam, assister aux animations assurées par quelques vedettes du petit écran et autres champions sportifs ? Non.

Les malheureux, placés à l’arrière de la masse entourant les trois plateaux télé, râlent : « on ne voit rien, c’est dingue ». Effectivement pour réussir à apercevoir, au-delà du troisième rang, les gens dont la voix résonne dans les haut-parleurs, c’est mission impossible. Alors on se bouscule, on se faufile, on ruse pour voir de ses yeux Thierry Beccaro, Jamy ou Fred, les trois présentateurs du décrochage montpelliérain de France Télévisions.

Chose étonnante. Pour arriver à ses fins, on discute, portable vissé à l’oreille, avec un ami ou parent. Pourquoi ? Pour savoir si sa frimousse passe sur France 3, pardi.

Toutes les tactiques sont au rendez-vous : le bras levé, qui s’agite, et le sautillement sur place sont les plus répandus. Et ça marche.

Mais la palme revient à notre ami en photo. Le jeune homme a utilisé une plaque en polystyrène. Extrait de sa conversation téléphonique : « Mets la 3, je suis à la place de la Comédie (…). Tu ne me vois pas (…). Mais si regarde bien j’ai une plaque blanche (ndlr : il se met à l’agiter comme un dingue). Toujours pas, attends, je vais avancer. Ca y est tu la vois ? Trop fort, je passe à la télé ». Et voilà comment il a réussi à avoir ses cinq secondes de gloire. Enfin sa plaque surtout…

 

Guiless

En l'homme se trouve la solution

L’espoir, c’est demain. Tous ces bénévoles, tous ces fils rouges, tous ces dons depuis 20 ans, et toujours pas de remède aux maladies. Mais il faut tenir bon ! Dans le futur, c'est-à-dire dans une décennie, un an, un mois, il n’y aura plus de maladies génétiques. Les chercheurs touchent déjà du doigt les solutions.

L’argent récolté lors du Téléthon finance notamment les laboratoires de recherche. Ils analysent l’ADN, identifient les gènes malades et établissent un diagnostic, même sur les foetus. Après, des traitements sont proposés. Des tests consistant à placer un gène sain dans une cellule défectueuse sont effectués sur des patients, mais cela comporte des risques, comme d’être atteint d’une leucémie à l’issue de la thérapie.

La solution se trouve sans doute dans la médecine régénératrice. Elle consiste à remplacer les cellules âgées, détruites ou non fonctionnelles par des cellules souches. Ces dernières proviennent d’embryons issus de la fécondation in vitro ou du clonage, qui présente l’avantage de n’entraîner aucun rejet de la part du malade. La recherche sur les cellules souches a débuté en 1998 ; elle débute, alors tous les espoirs sont permis.

Cette médecine permettra de combattre les maladies génétiques, mais également des affections qui peuvent tous nous toucher, comme Parkinson, l’infarctus, les brûlures, le diabète. Tout le monde est concerné. Le combat continue.

 

Bouchon

 

Un samedi qui s'annonce généreux

A l’entame de la dernière ligne droite, une certaine effervescence commence à se ressentir place de la Comédie. Les badauds déambulent, s’arrêtant souvent plus par curiosité que par intérêt. 1er arrêt parvis de l’Opéra où des kimonos blancs proposent une démonstration de différents arts martiaux (karaté, aïkido…). Face à eux, un mini-terrain de football attend d’être foulé. Cet après-midi, Laurent Blanc, Lionel Lemonchois ou encore Marc Caisso taquineront la balle pour la bonne cause. Passage devant la zone de trial où les acrobates de Yamakasi cherchent leurs marques.

Des cris surgissent : les scouts se lancent dans une ola. Ils fêtent déjà la dernière planche de leur passerelle. Il ne leur reste plus qu’à récolter des dons : 1 euro le bracelet ou 5 euros la photo sur le pont. Mais en matière de collecte, les scouts ont aujourd’hui une grande concurrence. A chaque stand son initiative, et visiblement l’imagination a peu de limites. Les étudiants en kinésithérapie proposent des massages. Deux jeunes bénévoles se transforment en cible pour un lancer de tarte à la crème tandis qu’une célèbre marque de produits de beauté vend des sticks à lèvres. Qu’importe la méthode, pourvu que le compteur progresse.

 

Hippolyte

en bref

Du côté de l'Odysseum les rockers n'ont pas lâché le fil. Ils enchaînent les pas de danse, toujours avec le sourire. Ils ont sorti les lunettes de soleil, le soleil transpersant la bâche transparente. Des passants arrétés à l'arrêt de Tram en profite pour faire un tour de piste... Par une belle journée froide et ensoleillée le Téléthon 2006 continue.

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