samedi, 09 décembre 2006

"J'emmagasine de la confiance"

« Voir autant de monde, on se sent soutenu et cela fait chaud au cœur ». Françoise Wauguier, déléguée héraultaise de l’Association Française contre les Myopathies (AFM), savoure la 20e édition du Téléthon. « J’emmagasine de la confiance. Ce parfum de générosité, de solidarité, qui flotte dans l’air, est essentiel pour garder espoir », explique-t-elle. « Car on galère encore le reste de l’année ».

Atteinte de la myopathie de la ceinture depuis l’âge de 20 ans, Françoise Wauguier, 51 ans, avait pourtant le sourire aux lèvres en arpentant, cet après-midi, les rues montpelliéraines. « J’oublie les soucis du quotidien pour apprécier ce moment », confie-t-elle.

De sa maladie, elle en parle sans tabou : « En 30 ans, j’ai perdu progressivement l’usage des muscles de mes jambes. Lorsqu’on m’a diagnostiqué, tout allait encore bien. Mais au fil des années, j’ai dû utiliser une canne, puis un fauteuil roulant et maintenant je roule en scooter ». La diminution de ses facultés motrices l’a obligée à diminuer au fil des ans ses activités professionnelles. Elle est passée d’un temps plein à France Télécom, à un temps partiel et enfin à l’invalidité. « Mais cela ne veut pas dire que je ne fais plus rien de mes journées », indique la déléguée héraultaise de l’AFM, depuis 2000. « Cette activité me pompe beaucoup d’énergie, mais m’apporte tellement».

« Je me mets au service d’autres malades en les écoutant, en luttant contre leur isolement et en revendiquant à leurs côtés leurs droits », poursuit-elle. « Mais ils me le rendent bien. D’ailleurs ce n’est pas demain la veille que je vais quitter mon poste, car il m’aide à tenir moralement ».

Les coups de blues, Françoise Wauguier en a connu « surtout quand je vivais à Lille ». Mais depuis qu’elle a rejoint en 1985 Béziers puis Montpellier, le moral est au beau fixe. « Je revis, notamment grâce au climat », estime-t-elle. « Ici, je peux me déplacer en tram ou en bus sans aucune difficulté. Mais surtout le regard des gens sur les personnes handicapées n’est pas le même qu’ailleurs. J’ai l’impression qu’on est accepté par le reste de la population ».

Cette qualité de vie lui permet de continuer d’espérer la guérison. « La recherche avance », rappelle-t-elle. « Ce n’est qu’une question de temps pour que les traitements soient adaptés. Et le jour où on réussira à guérir la myopathie de Duchenne, ce sera extraordinaire car la générosité de tous sera récompensée ». Alors 36 37.

Guiless

Défi des écoles

 

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Le défi des écoles est à la portée de tous. Pour participer il suffit de dessiner une petite carte sur une feuille blanche. Les dessins emplissent le stand, le but étant d'atteindre le chiffre symbolique des 25 000. A vos crayons.

Dolly

En passant

medium_DSC03425.JPGDominique (52 ans) et Viviane (63 ans). Passants

"Chaque année on fait un don. Certaines années on a participé au Téléthon en organisant des animations ou en aidant des myopathes. Mais même si on participe physiquement on le fait financièrement."

 

 

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Patrick (59ans). Bénévole

"J'ai décidé de participer au téléthon cette année parce que j'ai l'habitude de m'occuper d'organisations sportives et je me suis dit que je pouvais aussi le faire pour le Téléthon. Il m'a suffit d'en faire la demande."

 

medium_DSC03427.JPGStéphanie (20 ans). Scout. Etudiante en Arts Plastiques.

"Les scouts c'est une association bénévole. Le Pont symbolise le fil rouge du Téléthon. Les gens donnent de l'argent pour les bouts de tissu qu'ils accrochent. La construction du pont s'est faite en 3 semaines, on a tout fait pour permettre le passage des fauteuils."

 

 

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Dolly

Le sport encore et toujours dans la générosité

Du tir à la carabine…

 

Cachée à l’intérieur d’une tente à l’écart de l’Esplanade Charles de Gaulle, la Société de tirs de Montpellier participe depuis vendredi soir 20h à la mobilisation du Téléthon. Vingt tireurs du club se sont déjà succédés sur le stand pour un total de 7822 points. D’où ce léger enthousiasme perceptible chez Franck, sociétaire montpelliérain : « Notre objectif est d’atteindre les 8000 points. Nous allons le réaliser. Il n’y a pas de souci ». Son coéquipier appuie sur la détente : 8 points supplémentaires.

Profitant de l’élan dévoué au Téléthon, la Société de tirs de Montpellier allie générosité et opération de séduction. Une aubaine pour un sport d’ordinaire si confiné. Moniteurs de contrôle pointés sur les cibles, explications des organisateurs, le public qui se risque sous la tente ne manque d’aucun élément pour apprécier la performance. Et peut même s’initier au tir.

Pour la modique somme d’1 euro, les organisateurs vous dotent d’une carabine de compétition et de cinq plombs. Ajoutez l’indispensable concentration et vous voici parfait tireur. Enfin, parfait, à condition d’être précis dans son exercice. Impression des résultats. Trois marques hors cadres : non, finalement, le tir n’est pas un sport aussi simple qu’il n’y paraît.

 

…au show BMX

 

La recette est simple : de la terre pour les rampes de lancement, un BMX, un zeste de folie et beaucoup de talents. Le spectacle proposé au Corum par les riders montpelliérain vient de conquérir son public. Le show impressionne, d’autant que les pilotes s’amusent à accentuer les difficultés suivant la frénésie des applaudissements. « One-hand », « suicide », « back-flip », « superman », les riders regorgent d’imagination pour satisfaire l’assistance. Et l’amateur ne s’y trompe pas, saluant l’audace des sauts. Sur son BMX, l’acrobate se prête au jeu, et ose des figures extrêmes. Au risque de chuter. Heureusement, les réceptions sont rarement douloureuses. Nouveaux coups de pédales pour une seconde tentative. Tentative fructueuse : applaudissements. Le public est tellement subjugué qu’il en oublie d’alimenter la cagnotte au profit du Téléthon. Et le speaker d’appeler sans cesse à la générosité de chacun. 3637.

 

Hippolyte

L'art et la manière de passer à la télé

medium_Plaque.2.JPG« Tu me vois ? Et là…C’est pas vrai je passe à la télé. Trop cool !!! » : la phrase du jour sur la place de la Comédie.

Le direct montpelliérain de France Télévisions démarre par une exhibition des Yamakasi, escaladant la façade de l’Opéra. Une foule débarque des rues de la Loge, de Maguelone, des Etuves, du boulevard Victor Hugo et  de l’Esplanade Charles De Gaulle. Objectif : écouter les témoignages des malades, les chansons de Lâam, assister aux animations assurées par quelques vedettes du petit écran et autres champions sportifs ? Non.

Les malheureux, placés à l’arrière de la masse entourant les trois plateaux télé, râlent : « on ne voit rien, c’est dingue ». Effectivement pour réussir à apercevoir, au-delà du troisième rang, les gens dont la voix résonne dans les haut-parleurs, c’est mission impossible. Alors on se bouscule, on se faufile, on ruse pour voir de ses yeux Thierry Beccaro, Jamy ou Fred, les trois présentateurs du décrochage montpelliérain de France Télévisions.

Chose étonnante. Pour arriver à ses fins, on discute, portable vissé à l’oreille, avec un ami ou parent. Pourquoi ? Pour savoir si sa frimousse passe sur France 3, pardi.

Toutes les tactiques sont au rendez-vous : le bras levé, qui s’agite, et le sautillement sur place sont les plus répandus. Et ça marche.

Mais la palme revient à notre ami en photo. Le jeune homme a utilisé une plaque en polystyrène. Extrait de sa conversation téléphonique : « Mets la 3, je suis à la place de la Comédie (…). Tu ne me vois pas (…). Mais si regarde bien j’ai une plaque blanche (ndlr : il se met à l’agiter comme un dingue). Toujours pas, attends, je vais avancer. Ca y est tu la vois ? Trop fort, je passe à la télé ». Et voilà comment il a réussi à avoir ses cinq secondes de gloire. Enfin sa plaque surtout…

 

Guiless

En l'homme se trouve la solution

L’espoir, c’est demain. Tous ces bénévoles, tous ces fils rouges, tous ces dons depuis 20 ans, et toujours pas de remède aux maladies. Mais il faut tenir bon ! Dans le futur, c'est-à-dire dans une décennie, un an, un mois, il n’y aura plus de maladies génétiques. Les chercheurs touchent déjà du doigt les solutions.

L’argent récolté lors du Téléthon finance notamment les laboratoires de recherche. Ils analysent l’ADN, identifient les gènes malades et établissent un diagnostic, même sur les foetus. Après, des traitements sont proposés. Des tests consistant à placer un gène sain dans une cellule défectueuse sont effectués sur des patients, mais cela comporte des risques, comme d’être atteint d’une leucémie à l’issue de la thérapie.

La solution se trouve sans doute dans la médecine régénératrice. Elle consiste à remplacer les cellules âgées, détruites ou non fonctionnelles par des cellules souches. Ces dernières proviennent d’embryons issus de la fécondation in vitro ou du clonage, qui présente l’avantage de n’entraîner aucun rejet de la part du malade. La recherche sur les cellules souches a débuté en 1998 ; elle débute, alors tous les espoirs sont permis.

Cette médecine permettra de combattre les maladies génétiques, mais également des affections qui peuvent tous nous toucher, comme Parkinson, l’infarctus, les brûlures, le diabète. Tout le monde est concerné. Le combat continue.

 

Bouchon

 

Un samedi qui s'annonce généreux

A l’entame de la dernière ligne droite, une certaine effervescence commence à se ressentir place de la Comédie. Les badauds déambulent, s’arrêtant souvent plus par curiosité que par intérêt. 1er arrêt parvis de l’Opéra où des kimonos blancs proposent une démonstration de différents arts martiaux (karaté, aïkido…). Face à eux, un mini-terrain de football attend d’être foulé. Cet après-midi, Laurent Blanc, Lionel Lemonchois ou encore Marc Caisso taquineront la balle pour la bonne cause. Passage devant la zone de trial où les acrobates de Yamakasi cherchent leurs marques.

Des cris surgissent : les scouts se lancent dans une ola. Ils fêtent déjà la dernière planche de leur passerelle. Il ne leur reste plus qu’à récolter des dons : 1 euro le bracelet ou 5 euros la photo sur le pont. Mais en matière de collecte, les scouts ont aujourd’hui une grande concurrence. A chaque stand son initiative, et visiblement l’imagination a peu de limites. Les étudiants en kinésithérapie proposent des massages. Deux jeunes bénévoles se transforment en cible pour un lancer de tarte à la crème tandis qu’une célèbre marque de produits de beauté vend des sticks à lèvres. Qu’importe la méthode, pourvu que le compteur progresse.

 

Hippolyte

en bref

Du côté de l'Odysseum les rockers n'ont pas lâché le fil. Ils enchaînent les pas de danse, toujours avec le sourire. Ils ont sorti les lunettes de soleil, le soleil transpersant la bâche transparente. Des passants arrétés à l'arrêt de Tram en profite pour faire un tour de piste... Par une belle journée froide et ensoleillée le Téléthon 2006 continue.

Alerte compteur

Il est 11h45, le compteur du Téléthon enregistre 17 172 323 euros de promesses de dons.

Pour l'heure, activité réduite place de la Comédie: poneys, voitures à pédales... Plus d'infos dans l'après-midi: Lord Kossity, Laâm, Marc Caisso, Laurent Blanc, Fabrice Tiozzo...

Les athlètes noctambules se défoncent au stade Philippidès

medium_Cyclistes.JPG« Ici, c’est pas l’EPO qui nous fait tenir mais la bière. C’est des sucres lents après tout ». Julien,  Patrick, Arnaud, Luc et Eddy, triathlètes de leur état, pédalent encore et toujours. Leur secret : une bonne dose de motivation, de la jovialité et quelques réserves de Leffe. Ils ont le sourire sur leurs vélos fixés au sol. Les plus courageux alignent déjà 3 heures de pédalage forcené. Il faut accumuler 25 heures pour relever le défi. On s’en voudrait presque de leur poser des questions. « Ici chacun met ce qu’il veut. L’idée est de faire un don pour pouvoir monter sur le vélo » s’essouffle Julien. Et d’ajouter, blagueur, « oui, oui on paie pour se faire mal.».

Un cri viril détourne l’attention. Systématiquement,  il ponctue le passage des coureurs devant la tente de leurs camarades cyclistes. La réussite nécessite l’entraide et la jovialité. Les coureurs doivent aligner 25 000 tours. La piste accueille tous les volontaires, de l’athlète entraîné au sportif du dimanche en passant par les militaires de la caserne voisine qui se relaient heure après heure. Même nos apprentis journalistes et bloggers invétérés s’y mettent. Ils alignent dignement trois tours (cf encadré).

Le barnum de ravitaillement offre carrés de chocolat, müesli, quatre quarts, bonbons roses à l’effigie de Montpellier Agglo. Le buffet, financé par la mairie, rassasie bénévoles et sportifs. Catherine, 45 ans, est « venue pour deux tours, j’en ai fait 17 et je suis toujours là. Participer au Téléthon c’est donner un peu de soi et partager un moment de solidarité. Il y a une grande diversité dans les gens qui passent ici. Certains jeunes passent même après la sortie des bars pour faire deux tours. » Compte-t-elle dormir ? « Ben oui bien sûr ! Il faut savoir laisser la place aux autres ». Son regard cerné en dit long…Francis Laguna, coordinateur de la manifestation, restera éveillé : « je reste toute la nuit, ça fait partie de ma responsabilité. C’est un gros travail que d’organiser ce type d’événement. » Il recense environ 1500 athlètes (course et marche) et jusqu’à 70 bénévoles.medium_Tableau_tours.2.JPG

A 4h34, il est temps de retrouver des forces en grignotant quelques heures de sommeil. Sur la piste, dix personnes courent inlassablement. La pluie ne tombe plus.

 

Suzette

 

Pour infos : www.montpelliertriathlon.com

Organisation: MUC Omnisports et Athlétisme, Montpellier Athlétisme, Entente Montpellier Athlétisme, Association des coureurs de fond montpelliérains, Montpellier Agglomération Triathlon sous l'égide du Comité départemental d'Athlétisme de l'Hérault.

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